
L’ex-maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, a annoncé mercredi 7 janvier le début de son incarcération à la suite de sa condamnation à quatre ans de prison ferme dans l’affaire de chantage à la vidéo intime contre son premier adjoint.
Maire de Saint-Etienne et président de sa métropole de 2014 à 2025, Gaël Perdriau (ex-Les Républicains) explique sur son compte Facebook qu’il va « entrer en prison, conformément à la décision de justice qui a été rendue, dans le respect des institutions de notre pays ».
Il « a été pris en charge à 10 h 30 » au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, et a « été placé directement à l’isolement, à la demande de la justice, qui souhaite que tous les mouvements soient bloqués chaque fois qu’il effectuera un déplacement à l’intérieur de l’établissement, notamment lors des parloirs », a précisé à l’Agence France-Presse une source syndicale au sein de l’administration pénitentiaire.
L’élu a fait appel de sa condamnation, rendue le 1er décembre. « Cette décision, je la vis comme une terrible injustice. C’est ainsi qu’elle résonne douloureusement dans mon esprit et dans mon cœur. C’est aussi pour cette raison que j’ai fait appel, avec l’espoir profond que la justice saura entendre ma voix », écrit-il mercredi. L’avocat de M. Perdriau, Jean-Félix Luciani, a déclaré vouloir demander « dès aujourd’hui » sa remise en liberté. Gaël Perdriau « remplit tous les critères » permettant de l’obtenir, a-t-il assuré.
Filmer l’intimité d’un rival du maire
Parmi les trois autres condamnés dans cette affaire, l’ancien adjoint à l’éducation Samy Kefi-Jérôme, et l’ex-compagnon de ce dernier, Gilles Rossary-Lenglet, condamnés à trois ans de prison ferme, ont eux aussi fait appel. Seul l’ancien directeur de cabinet du maire, Pierre Gauttieri, qui a reçu une peine de deux ans ferme, n’a pas interjeté appel.
Le tribunal correctionnel de Lyon a jugé les quatre hommes coupables d’avoir comploté pour filmer un rival du maire à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un prostitué, d’avoir utilisé cette vidéo intime pour le museler et d’avoir financé le piège avec des fonds publics.
Il a prononcé à l’encontre de chacun une incarcération avec mandat de dépôt à effet différé, c’est-à-dire applicable même en cas d’appel.

