
Des exilés ne veulent pas se précipiter pour rentrer au Venezuela, selon l’AFP
Dans des propos rapportés par l’Agence France-Presse (AFP), des exilés vénézuéliens disent ne pas vouloir se précipiter pour rentrer dans un pays toujours gouverné par des chavistes.
« Il n’y a pas eu de changement de régime au Venezuela, il n’y a pas de transition », a déclaré Ligia Bolivar, sociologue vénézuélienne et défenseure des droits humains vivant en Colombie depuis 2019. « Dans ces circonstances, personne ne va se précipiter pour rentrer chez soi », a-t-elle confié à l’AFP.
Mais si beaucoup disent rêver de rentrer dans leur pays, ils disent clairement qu’ils n’ont pas l’intention de faire leurs valises dans l’immédiat. La plupart invoquent l’économie exsangue du Venezuela pour justifier leur choix de continuer de travailler à l’étranger et d’envoyer des devises à domicile.
Certains expriment également leur crainte de l’appareil sécuritaire vénézuélien, pointant du doigt les paramilitaires qui ont arpenté les rues de Caracas samedi pour réprimer toute manifestation de joie après la destitution de Maduro.
Devant le consulat du Venezuela à Bogota, où il attendait de renouveler son passeport lundi, Alejandro Solorzano, 35 ans, abonde. « Tout reste pareil », dit-il, en référence à la décision du président américain, Donald Trump, de travailler avec l’administration de Nicolas Maduro plutôt qu’avec l’opposition démocratique.
De nombreux Vénézuéliens ont été particulièrement choqués par la décision de Donald Trump d’écarter de la transition la cheffe de l’opposition, Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix en 2025. Andrea, conseillère en immigration de 47 ans vivant à Buenos Aires, estime toutefois que l’heure de Machado n’est pas encore venue. « Tant que Trump ne verra pas que la situation est sous contrôle, tant qu’il n’aura pas tous ces criminels à sa merci, il ne pourra pas mettre Maria Corina [Machado] aux commandes. Parce que ce serait la jeter aux loups », avance-t-elle.

