
Une nouvelle tuile s’abat sur les tentatives de rapprochement entre Québec et les médecins. Les négociations avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ont pris fin jeudi après une semaine d’échanges. Le gouvernement Legault invite toutefois la FMOQ à reprendre « rapidement » les discussions.
Dans une déclaration écrite, la FMOQ affirme que Québec a « mis fin aux négociations ». Elle reproche au gouvernement de refuser de modifier la loi spéciale liant la rémunération des médecins à des cibles de performance « malgré l’engagement formel du premier ministre la semaine dernière ».
Les pourparlers entre les deux parties, qui avaient repris le 26 novembre dernier, ont donc finalement été rompus jeudi.
En point de presse à l’Assemblée nationale, la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a indiqué être toujours disposée à retravailler la loi spéciale, contrairement à ce qu’affirme la FMOQ. « On est ouverts à des engagements financiers, notamment pour les GMF. On reconnaît le besoin de ressources de ce côté-là. »
Elle a expliqué être également prête à revoir la portion de la loi sur le niveau de vulnérabilité des patients, qui doivent être classés selon un code de couleurs.
Mme Duranceau a par ailleurs affirmé être « surprise » de la sortie publique de la FMOQ. « Le fait d’exprimer un désaccord, pour moi, ça ne veut pas dire casser la table. On est en négociation, on cherche un point mitoyen. Il ne faut pas rester chacun dans notre tranchée. »
Plus tôt en matinée, le premier ministre François Legault a insisté sur la nécessité de « trouver des solutions ensemble ». « Il y a des centaines de milliers de Québécois qui n’ont pas accès à un médecin de famille », a-t-il rappelé.
« Limiter les dommages »
Dans une déclaration publiée jeudi sur les réseaux sociaux, la FMOQ estime que l’entrée en vigueur de la loi, le 1er janvier prochain, marquera un « grave tournant » pour les médecins de famille et leurs patients. Québec « n’aura que lui à blâmer pour les départs » vers d’autres provinces, les réorientations de pratique et les retraites anticipées, écrit-elle.
La fédération médicale dit maintenant vouloir se préparer en vue du 1er janvier pour « tenter de limiter au maximum les dommages sur les patients en raison de l’approche préconisée par le gouvernement ».
Mme Duranceau réitère pour sa part son désir de conclure une entente avec la FMOQ « le plus rapidement possible ». « Les médecins sont stressés par cette situation », reconnaît-elle. Elle enjoint donc à la FMOQ de poursuivre les discussions. Cette invitation « n’a pas de date d’expiration, mais la fin de la session [parlementaire] est la semaine prochaine », a-t-elle soulevé.
Début novembre, Mme Duranceau avait pris le relais des pourparlers après le refus des fédérations médicales de poursuivre les discussions avec le ministre de la Santé, Christian Dubé.
La Fédération des médecins spécialistes du Québec, elle, n’est cependant toujours pas revenue à la table de négociation. « Il n’y a pas de discussion formelle comme avec la FMOQ, mais on se parle », a indiqué la présidente du Conseil du trésor.
Avec Marie-Michèle Sioui et François Carabin

