
Les pilotes d’Air Transat se sont dotés mercredi d’un mandat de grève, se préparant à déclencher un arrêt de travail dès le 10 décembre. Les plus de 700 pilotes de l’entreprise, représentés par l’Association internationale des pilotes de ligne (ALPA), ont voté à 99 % pour une future grève. Le taux de participation s’est élevé à 98 %.
Les négociations entre les pilotes d’Air Transat et la compagnie aérienne ont débuté en janvier 2025. Leur convention collective est arrivée à échéance au mois d’avril suivant.
L’ALPA a précisé le 18 novembre dernier que les parties avaient « quitté la conciliation » et étaient « actuellement dans une période de réflexion de 21 jours, qui se termine le 10 décembre ». Après cette date, « le syndicat peut déclarer une grève ou la direction peut imposer un lockout ».
Le syndicat des pilotes devra toutefois déposer un préavis de 72 heures avant tout déclenchement de grève.
Malgré la période de réflexion, les négociations se poursuivent — leur rythme « s’est même vraiment accéléré dans les derniers jours », explique Bibianne Lavallée, vice-présidente du groupe de pilotes d’Air Transat de l’ALPA, en entrevue. « Aucun pilote d’Air Transat n’a envie d’aller en grève. Mais on est déterminés à faire ce qu’il faut dans le cas où on ne pourrait pas obtenir le contrat recherché. Mais on a bon espoir », assure-t-elle.
Les questions des salaires et des conditions de travail (qui ne sont plus au goût du jour, selon le syndicat, l’ancienne convention collective datant d’il y a 10 ans) sont au centre du litige. Mme Lavallée cite le régime de retraite, la protection des emplois face à la sous-traitance et l’amélioration des horaires comme exemples d’éléments débattus à la table de négociation.
Faisant état d’une « lenteur frustrante » dans les pourparlers avec la partie patronale, le syndicat avait demandé à ses membres, début novembre, de se prononcer sur un mandat de grève. Dans une lettre leur annonçant le résultat du vote, il estime que « cette autorité [obtenue mercredi] est essentielle alors que nous entrons dans la dernière phase de négociation ». « La direction devrait désormais savoir que nous ne bluffons pas. »
Air Transat « confiant » d’en arriver à une entente
Pour sa part, Air Transat dit demeurer « pleinement engagé à la table de négociation » et s’estime « confiant d’arriver à une entente et d’ainsi éviter tout impact sur les plans de voyage de notre clientèle ».
« [Nous] visons à conclure une entente de principe sans conflit de travail. Nous avons fait beaucoup de progrès et poursuivons à temps plein les discussions avec l’accompagnement des conciliatrices nommées par le ministère du Travail, et ce, jusqu’à la conclusion d’une entente », poursuit l’entreprise dans une déclaration écrite.
« Si la situation devait évoluer autrement, nos équipes seraient dédiées à l’accompagnement de nos clients », assure également le transporteur aérien. L’ALPA n’a pas encore déterminé les modalités d’une potentielle grève, mais le mandat voté par les membres couvre toutes les possibilités, d’un débrayage d’une demi-journée à une grève illimitée. « Ce sera des décisions qui seront prises dans les prochains jours », précise Bibianne Lavallée.
Afin de coordonner « l’ensemble des actions syndicales » et d’offrir du « soutien » aux pilotes, l’ALPA a mis en place un centre de grève non loin de l’aéroport Montréal-Trudeau.

