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Équilibre budgétaire, coup de pouce financier aux Québécois… qu’attendre de la mise à jour économique de mardi?

25/11/2025 | Le Devoir

Eric Girard devrait disposer d’un peu plus de marge de manœuvre que ce qu’il prévoyait initialement pour sa mise à jour économique. Son défi n’en sera pas moins difficile puisqu’il essaiera à la fois d’insuffler un peu plus d’énergie à l’économie, d’assurer un retour à l’équilibre budgétaire et de répondre au souhait de son patron de donner, sans plus attendre, un petit coup de pouce financier aux Québécois.

Mardi matin, huit mois après la présentation de son dernier budget, à la fin mars, le ministre des Finances doit faire le point sur la situation économique et financière du Québec, un rendez-vous annuel qui prend souvent des allures de mini-budget permettant d’annoncer quelques mesures ponctuelles.

Cela pourrait encore être le cas cette fois-ci, étant donné que le compte à rebours des prochaines élections générales a commencé — elles auront lieu dans moins d’un an — et que le premier ministre, François Legault, a notamment chargé Eric Girard de « trouver des moyens […] de soulager le portefeuille des Québécois qui souffrent actuellement ».

Il y a une dizaine de jours, le ministre des Finances s’était réjoui du fait qu’il pourrait compter sur une économie plus forte que prévu au printemps dernier. « Ça nous donne les moyens pour faire une excellente mise à jour… et améliorer les finances publiques », avait-il déclaré.

Les plus récentes données disponibles laissent entrevoir un déficit pour l’exercice 2024-25 qui ne serait pas de 8,1 milliards comme prévu, mais plutôt de 5,2 milliards, grâce notamment à « des revenus autonomes plus vigoureux et des dépenses inférieures aux prévisions », a expliqué Sonny Scarfone, économiste au Mouvement Desjardins, dans une analyse publiée la semaine dernière.

La croissance économique risque toutefois de rester poussive et plombée par l’incertitude entretenue par les relations commerciales tendues avec les États-Unis. Quant au gouvernement, il doit encore expliquer comment il entend résorber l’écart entre ses prévisions et ses obligations au regard de la Loi sur l’équilibre budgétaire, qui grossit d’un manque à gagner de 0,8 milliard cette année à 2,5 milliards en 2029-2030. Un tel contexte, conclut l’économiste de Desjardins, n’offre pas la marge de manœuvre suffisante pour absorber les inévitables promesses électorales de baisses de revenus et de hausse de dépenses à moins d’être expliquées et chiffrées.

En entrevue au Devoir au début du mois, François Legault avait dit vouloir aider « de façon temporaire, mettons pendant deux ans, trois ans », la population « qui souffre d’une augmentation du coût de la vie, qui est très élevé », notamment « ceux qui en ont le plus besoin ».

« La pression va être forte sur le gouvernement d’offrir des trucs qui font plaisir à tout le monde tout de suite. Des trucs qui ne serviront pas à nos enfants ni à nos petits-enfants, contrairement au contrôle de l’endettement ou à l’investissement dans la capacité de croissance économique future », a dit lundi, lors d’un entretien téléphonique au Devoir, Louis Lévesque, ancien haut fonctionnaire à Québec puis à Ottawa et aujourd’hui président du comité des politiques publiques de l’Association des économistes québécois.

Selon lui, la meilleure façon de défendre le pouvoir d’achat des Québécois serait de redonner du tonus à la productivité de l’économie, dont dépendent ultimement leurs revenus.

Si vous lui demandez son avis, Luc Godbout vous dira qu’en dépit des apparences, et une fois tout compté, le revenu disponible des ménages était supérieur l’année dernière au Québec à ce qu’il était l’année d’avant ou même en 2019 — et que, maintenant que l’inflation est revenue à un niveau normal, les mécanismes d’indexation du filet social québécois feront très bien leur travail sans aide supplémentaire.

Mais bon, si le gouvernement tient à faire un geste supplémentaire, cette aide devrait être « ponctuelle, ciblée et financièrement limitée », a expliqué au Devoir le professeur et titulaire de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

C’est-à-dire surtout pas de baisse d’impôt ni de baisse de taxe, mais peut-être un chèque aux ménages à revenus plus modestes qui passerait par le crédit d’impôt pour solidarité, comme au lendemain de la pandémie. Ou alors une petite réduction du taux de cotisation des travailleurs et des employeurs au Régime de rentes du Québec, actuellement légèrement supérieur au taux d’équilibre (10,8 % contre 10,47 %).

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